Upzone 360 Rodez : Deux mois seulement… et déjà une salle qui a trouvé son âme

Quand nous avons pris la route pour Rodez afin de découvrir Upzone 360, à l’occasion de ses deux mois d’ouverture, nous pensions simplement visiter une nouvelle salle d’escalade.

Nous ne nous attendions pas à repartir avec cette impression : celle d’avoir découvert un lieu qui semble déjà avoir une âme.

Dès notre arrivée, le ton est donné. Les sourires sont là, les habitués discutent autour d’un café, les encouragements résonnent sur les tapis. En seulement deux mois, une véritable communauté est déjà en train de se construire.

Et puis, il y a Sébastien Anglade… ou plutôt Seb, comme tout le monde l’appelle.

Impossible de passer une journée à Upzone 360 sans le croiser. Une minute derrière le comptoir à préparer un café, la suivante une visseuse à la main pour régler un détail, puis en pleine discussion avec un adhérent avant de repartir donner un coup de main à son équipe. Il ne donne pas l’impression de diriger son projet à distance : il le construit au quotidien, avec ses mains autant qu’avec ses idées.

Quand on lui demande pourquoi il s’est lancé dans cette aventure, sa réponse est à son image :

« Lorsque j’ai une idée, quels que soient les obstacles ou les difficultés, j’arrive au bout. »

L’idée de créer une salle à Rodez est née presque simplement, au détour d’une discussion avec un ami. Mais derrière cette simplicité se cache une expérience de plus de quinze ans. Dès 2011, Seb créait et gérait déjà une salle de bloc à Chamonix.

Pour lui, une salle d’escalade ne se résume jamais à des murs et des prises.

« L’idée était de créer une salle chaleureuse en cœur de ville, où les jeunes peuvent se retrouver, partager, jouer, boire un soft, manger des glaces locales, travailler sur internet dans un canapé, avec de belles prises, des blocs accessibles et de quoi s’entraîner, tout en pensant aux plus petits comme aux plus âgés. »

Et il faut reconnaître que cette vision se ressent immédiatement.

Les glaces proposées au bar sont fabriquées à quelques centaines de mètres de la salle. Les sodas proviennent eux aussi de producteurs locaux. Ici, on ne parle pas seulement de circuit court : on choisit de faire vivre l’économie locale et de mettre en avant les acteurs du territoire.

Cette volonté d’ouverture se retrouve jusque dans le site internet de Upzone 360, pensé pour être accessible au plus grand nombre, notamment aux personnes ayant des déficiences visuelles. C’est un détail que beaucoup ne remarqueront peut-être pas, mais qui traduit une véritable volonté d’inclusion jusque dans la communication.

Côté grimpe, difficile de ne pas trouver son bonheur.

Dalle, dévers, spray wall, espace d’échauffement, espace enfants, salle climatisée… tout a été pensé pour que chacun puisse pratiquer dans de bonnes conditions.

En tant que grimpeuse de niveau intermédiaire, je m’y suis immédiatement retrouvée. Habituée à grimper dans plusieurs grands réseaux de salles, je n’ai pas ressenti d’écart particulier dans les cotations. Les ouvertures sont cohérentes, progressives et donnent envie d’aller chercher la couleur suivante. J’ai pu grimper dans le rouge, commencer à explorer quelques blocs noirs, tandis que les débutants peuvent eux aussi découvrir toutes les couleurs grâce au système de cotation mis en place.

Ce qui frappe surtout, c’est l’équilibre entre performance et accessibilité. On peut venir pour s’entraîner sérieusement, mais aussi simplement pour passer un bon moment.

Cette philosophie se retrouve également dans la manière dont Seb parle de son rôle de dirigeant.

« Un patron qui perd le sens des réalités n’est plus un patron. Ce n’est pas le statut qui fait le chef, c’est la personnalité et l’exemplarité. »

Une phrase qui explique probablement pourquoi on le voit encore aujourd’hui servir un café, déplacer un tapis ou bricoler un équipement. Non pas parce qu’il le doit, mais parce qu’il estime qu’un responsable doit rester connecté au terrain.

Avant de créer plusieurs salles d’escalade, Sébastien Anglade a effectué une longue carrière dans l’armée, notamment à l’École Militaire de Haute Montagne de Chamonix, où il gérait l’activité escalade pour les différentes armées.

Loin des clichés, il explique que cette expérience lui a surtout appris une façon de manager qui lui ressemble.

« L’armée m’a appris à me connaître, mais aussi à commander avec humanité, tout en restant impartial et loyal. »

Au fil de notre échange, une autre phrase résume parfaitement son état d’esprit :

« Je suis cool, mais j’ai un caractère entier. »

En discutant avec lui, on comprend vite que les valeurs de rigueur, d’exigence et d’humanité ne s’opposent pas. Elles se complètent. C’est sans doute ce qui explique la stabilité de ses équipes au fil des années et l’ambiance qui règne aujourd’hui dans la salle.

L’une des plus belles surprises de cette journée restera pourtant ailleurs.

À plusieurs centaines de kilomètres de chez nous, plusieurs grimpeuses et grimpeurs sont venus nous dire qu’ils suivaient Climbing Bitches depuis longtemps. Nous ne savions même pas que notre communauté était présente jusqu’ici. Ces rencontres donnent un sens particulier à ce que nous construisons depuis plusieurs années.

Chez Climbing Bitches, nous défendons une escalade plus ouverte, plus accueillante et plus inclusive.

En repartant de Rodez, nous avons eu le sentiment d’avoir rencontré une salle qui partage profondément cette vision.

Deux mois après son ouverture, Upzone 360 n’est déjà plus seulement une salle d’escalade.

C’est un lieu de vie qui grandit avec celles et ceux qui le fréquentent.

Et c’est probablement ce qui nous a donné le plus envie d’y revenir.

Retrouvez toutes les infos de la salle ici : https://upzone360.com et sur Instagram

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